Kabig – Duffle-coat – Caban …

 

Kabig, Duffle-coat, Caban… trois beaux vêtements de marins qui nous semblent si familiers que nous les confondons.

Bien sûr, ils sont tous les trois en drap de laine imperméable, mais à bien les observer, leurs différences sont finalement faciles à discerner.

kabig-duffle coat-caban

Au premier coup d’œil, cette image illustre déjà que les formes et longueurs varient chez chacun.

Le plus long est le duffle-coat, offrant le maximum de protection contre la rudesse des éléments. Il possède sur les épaules de larges empiècements contre la pluie. Il est aussi très large pour pouvoir garder une veste en dessous.

Des ailerettes sont cousues sur les épaules du kabig pour favoriser le ruissellement de la pluie, elle lui confère une silhouette plus aérienne, moins massive que celle du duffle-coat.

Le caban est plus court, et bien qu’existant depuis le XVème siècle, il garde une ligne moderne et élégante.

Outre leurs silhouettes spécifiques, nous percevons des détails qui diffèrent :

les boutons

Les boutonnages :

Le kabig est le plus modeste : il utilise des boutons « navette » en buis tourné, pour un simple boutonnage à boutonnières. Parfois le bouton du haut est creusé pour former un sifflet. La patte de boutonnage est surpiquée en zigzag.

Le duffle-coat est plus démonstratif : ses 4 boutons de corne en forme de cônes incurvés se ferment grâce à des brandebourgs en cuir ou en corde. Le large rabat dissimule un double système de fermeture : un deuxième boutonnage intérieur à boutons plats et boutonnières, souvent remplacé de nos jours par une fermeture à glissière. Le vent ne passera pas !

Le caban arbore fièrement ses 6 boutons à ancre de marine sur un double boutonnage croisé. Ce détail n’est pas une fantaisie d’un créateur de mode : il est le fruit de l’expérience des marins qui selon la bordée tribord ou bâbord, fermaient leur veste selon la direction du vent.

Nous notons que dans les trois vêtements, les boutons sont volumineux. Là non plus, pas de hasard : ils permettent aux marins d’ouvrir aisément leur manteau, même avec des gants !

les poches

Les poches :

Le froid est l’ennemi des gens de mer. Il faut pouvoir se réchauffer les mains facilement.

Le kabig a choisi de ne mettre qu’une poche ventrale. Économie de moyen pour les goémoniers peu fortunés, mais la méthode est efficace : en se frottant les 2 mains dans la laine, la chaleur est plus importante.

Éléments caractéristiques du duffle-coat, ses deux grandes poches plaquées semblent pouvoir accueillir non seulement les mains, mais aussi les gants et mille autres choses utiles en mer.

Afin de bénéficier de la chaleur du corps, les deux poches passepoilées du caban se glissent entre la laine et la doublure. Elles sont larges et légèrement inclinées pour faciliter le passage des mains.

les cols et capuches

Les cols et capuches :

Le kabig n’a pas de col mais une petite capuche. Sa forme pointue est obtenue par une couture centrale. Elle n’est pas amovible et ne possède pas de moyen de fermeture spécifique.

Comme pour les poches, le duffle-coat voit grand : la capuche doit pouvoir accueillir la casquette ou le volumineux bonnet de marin. Légèrement arrondie, elle est si large qu’il a fallu ajouter une patte de boutonnage pour protéger le cou et éviter qu’elle ne s’envole.

Certains duffle-coat ont une capuche amovible : ils ont alors un large col pour pouvoir la fixer.

L’immense col du caban est un véritable « abri du marin » : le vent ne passe plus dans le cou dès qu’il est relevé et fermé par sa patte à 2 boutons.

les doubluresL’intérieur :

Le kabig n’a pas de doublure ! Et c’est ce mode de fabrication économique qui a donné tout le caractère du kabig : pour économiser le fil à coudre en ne faisant qu’une couture simple et éviter l’usure prématurée par effilochage de la laine, les femmes des goémoniers du Pays Pagan ont eu l’idée de cranter le tissu. C’est ainsi que ces crans sont devenus l’élément le plus spécifique de ce manteau de travail en lui offrant un ornement original tant intérieur qu’extérieur.

Le britannique duffle-coat a choisi les typiques tartans écossais pour doublure : tradition, confort et toujours praticité avec ses poches intérieures plaquées et boutonnées. La capuche est également doublée.

Le caban se veut résolument moderne. Il a délaissé son ancienne doublure en lin pour un fin matelassage d’acétate satinée et molleton. Il offre des poches intérieures, elles aussi passepoilées.

 

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